1. LA REDACTION, 2007, « Éditorial », Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, no 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 7-10.
2. BEYHOM, Amine, 2007, « Point de vue : Musiques savantes de l’Orient, ou le temps de la reconnaissance », Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, n° 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 13-26.
Résumé
Ce « point de vue » reprend rapidement l’histoire des relations entre musicologies et musiques occidentales et arabes en mettant l’accent sur l’incompréhension passée entre ces arts et ces disciplines, même en ce qui concerne l’ethnomusicologie, plus récente, et dont un des objets est l’étude des musiques extra-européennes. L’auteur essaie de montrer les raisons, avant tout politiques et sociales, qui ont amené la dégénérescence de la musique arabe et de sa théorisation, notamment à travers la prédominance des concepts musicaux et musicologiques occidentaux chez les Arabes. Il formule une ébauche de programme appelant à un renouveau des sciences musicologiques dans les pays de la zone du maqām, à un revivalisme musical axé sur l’évolution de la tradition initiatique des musiques d’art, ainsi qu’à la mise en place de coopérations avec les musicologues de ces pays en plus des coopérations déjà établies avec les musicologies occidentales, pour l’établissement d’une « vraie » musicologie généralisée des traditions.
Abstract
This article explains the views of the author concerning what he calls the decadence of the Arab music and musicology today, and its often stormy past relationship with Western music and musicology. Furthermore, for the author, classical ethnomusicology has failed to deal “fairly” with Art music, its main aim still being Popular music around the world. Many reasons, mainly political and social, seemed to have an influence on the Westernization of Arab music; as a synthesis, the author proposes a program aimed on reviving Arab Traditional Initiatic music and its musicology, based on new analysis tools and multilateral cooperation between Western and Arab scholars, as well as scholars from other countries in the maqām tradition.
3. MEEUS, Nicolas, 2007, « Qualités systémiques et fonctions modales », Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, n° 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 27-36.
Résumé
Ce texte vise à mettre en lumière l’existence, dans la théorie modale médiévale latine, de deux catégories hiérarchiques distinctes : les « qualités systémiques », propres aux degrés du système musical et dérivant exclusivement de la position de ceux-ci dans l’échelle diatonique ; et les « fonctions modales » que ces mêmes degrés exercent dans un mode particulier. Les premières ont été décrites, notamment par Guido d’Arezzo et Hermannus Contractus, sous le nom de modi vocum (« modes des notes »), tandis que les secondes se manifestent en particulier dans la doctrine de la finale modale, qui apparaît notamment chez Hucbald de Saint-Amand et ses contemporains. Le lien entre les modes des notes et les finales est complexe.
Abstract
This paper discusses the existence, in Latin medieval theory, of two distinct hierarchical categories, that of “systemic qualities”, belonging to the degrees of the musical system and deriving exclusively from their position in the diatonic scale and that of the “modal functions” that the same degrees may exert in a particular mode. The first were described, among others by Guido of Arezzo and by Hermannus Contractus, under the name of modi vocum (“Mode of the Degrees”), while the second are manifest mainly in the doctrine of the modal final, as discussed among others by Hucbald of Saint-Amand and his contemporaries. The relation between the modes of the degrees and the finals is complex.
4. PICARD, François, 2007, « Pour une musicologie générale des traditions », Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, n° 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 27-56.
Résumé
La musicologie historique de l’Asie orientale s’est développée depuis plusieurs décennies. L’époque Song (XIIe siècle) offre ainsi un système complet de modes, avec ses variantes ancienne, attribuée aux Tang, et moderne, ainsi qu’une version plus réduite, limitée à vingt-huit échelles. Ce système, provenant d’Inde, a disparu de la tradition mais des notations musicales ont été transmises jusqu’à nos jours, dont la transcription permet l’étude et l’interprétation.
Abstract
Historical musicology of East Asia has developed over the past 70 years. The (12th century) “Song” period has left a complete system of musical modes in two variations: an ancient one related to Tang, a modern one, and a more reduced one, limited to twenty-eight scales. This system, which originated in India, has disappeared from live tradition, but musical notations have been transmitted to the present, the transcription of which allows both study and interpretation.
5. RACY, Ali Jihad, 2007, “Music and Social Structure: the Takht Tradition of Early-Twentieth Century Cairo", Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, n° 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 57-76.
Résumé
Ce texte propose d’examiner les liens existants entre le contenu musical et la structure sociale de la musique, vers les débuts du xxe siècle au Caire. L’objet d’investigation est le centre même de cette époque : le takht, ensemble musical traditionnel réduit qui a couronné l’activité musicale citadine du Caire à cette époque. En particulier, sont explorées ici les dynamiques sociales sous-tendant le milieu des musiciens du takht. Établissant des concordances entre influences sociales et musicales dans ce contexte, l’étude souligne les relations complexes entre ces deux domaines et propose un cadre conceptuel pour la compréhension du lien entre la musique et son environnement culturel.
Abstract
Ce texte propose d’examiner les liens existants entre le contenu musical et la structure sociale de la musique, vers les débuts du XXe siècle au Caire. L’objet d’investigation est le centre même de cette époque : le takht, ensemble musical traditionnel réduit qui a couronné l’activité musicale citadine du Caire à cette époque. En particulier, sont explorées ici les dynamiques sociales sous-tendant le milieu des musiciens du takht
6. FEKI, Soufiane, 2007, « Problèmes de typologie et de terminologie inhérents à l’approche musicologique des pratiques et répertoires musicaux arabes », Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, n° 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 77-92.
Résumé
La littérature musicologique et ethnomusicologique nous offre un éventail de textes autour des pratiques musicales propres au système du maqām et au monde arabe en particulier. Force est d’y constater l’existence d’équivoques et de conflits terminologiques, notamment quant à la typologie des pratiques musicales. Plusieurs raisons en sont à l’origine, notamment le legs de l’orientalisme et de la musicologie comparée, l’emprise des lexiques occidentaux sur la nouvelle génération de musicologues arabes, les confusions sémantiques et esthésiques et l’économie souvent faite des données systémiques et poïétiques intrinsèques. Les nouvelles approches analytiques qui s’inscrivent au sein de la musicologie générale des traditions mettent en exergue ces normes systémiques et poïétiques et replacent la référence à la notion complexe de tradition au centre de toute approche pertinente de ces pratiques.
Abstract
Musicology and ethnomusicology have undergone many studies about performance in the maqām system, more specifically in the Arab world. Many problems emerged from these studies, such as diversity and conflicts in terminology concerning these practices. Several reasons seem to have offered to explain this ambiguity, noticeably the legacy of Orientalism and Comparative musicology, the influence of Western musicological lexicons on a new generation of Arabic musicologists and the semantic confusion often by-passing intrinsic characteristics of the system of Arab music. However, we propose an etymological study of the current notions, within the frame of the general musicology of traditions, with an emphasis on poïetic and systemic norms. The specificity of this discussion lies in putting Traditional performance – a complex concept – in the center of the approach to these practices.
7. AKIKI, Marcel, 2007, « Formules-types du chant populaire traditionnel libanais : esquisse d’une analyse rythmique », Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, n° 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 93-114.
Résumé
Derrière leur phonétique curieuse et leur sémantique incompréhensible, les formules-types présentes dans le chant populaire traditionnel libanais, sont au cœur d’un phénomène dynamique rythmique à trois visages. L’analyse homotonique de la scansion chantée de ces formules linguistiques, révèle la présence d’autres formules accentuelles rythmiques inhérentes, et la possibilité d’un modèle métrique (comme le cas du qarrādī), de couver plusieurs combinaisons métrico-rythmiques internes. Enfin, on peut trouver certaines similitudes entre ces combinaisons et certains cycles rythmiques savants arabes. Cette analyse préliminaire et ce « repérage » ne permettent pas de formuler de réelles conclusions, mais il y a certainement ici une piste à explorer, et pour reprendre la citation de During, « quelque chose se passe », dans ces formules qui seraient peut-être un foyer d’intersection entre ces deux traditions musicales.
Abstract
Behind their curious phonetics and incomprehensible semantics, the standard formulaic sentences of the traditional popular Lebanese songs are at the heart of a three part dynamic and rhythmic phenomena. The syllabic homotonic analysis of the singing mode of these formulas reveals some rhythmic accent combinations. According to rhythmic analysis, several internal metrical and rhythmical patterns can run in one single metrical type, as here for the qarrādī metric type. Finally, we find similarities between these combinations and some rhythmic classical Arabic cycles. This preliminary rhythmic analysis can’t allow wide conclusions, but we have certainly here some new path to explore. This phenomenon reminds us of the famous expression of During, « quelque chose se passe », (something is happening ...), as these formula-types could be at some crossroads between these two musical traditions.
8. ABOU MRAD, Nidaa, 2007, « Clés musicologiques pour l’approche du legs de Mīhā’īl Maššāqa », Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, n° 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 115-182.
Résumé
L’Épître a-š-šihābiyya du théoricien libanais Mīhā’īl Maššāqa (1800-1888) est une œuvre musicologique pionnière qui comprend un exposé approfondi du système mélodique de la tradition musicale arabe, profane et initiatique du Proche-Orient, telle qu’elle se présente au commencement du mouvement de la Renaissance culturelle et politique arabe, et un important corpus de quatre-vingt-quinze mélodies données en exemplification des modes. Ce dossier propose des clés musicologiques pour l’approche du legs de Maššāqa. Après un bref aperçu biographique, est effectuée une contextualisation diachronique de la synthèse systémique proposée par cet auteur, notamment l’historiographie de la question épineuse de la structuration des matrices scalaires type et générale de cette tradition. Cette analyse ouvre la voie à l’étude du corpus mélodique modal modèle légué et à un essai de transcription
Abstract
The a-š-Šihābiyya Epistle written by the Lebanese theorist Mīhā’īl Maššāqa (1800-1888) is a pioneer musicological work. It includes an in-depth outline about the melodic system of the Near East Arabic, secular, and initiatory musical tradition, as it appears at the eve of the cultural and political Arabic Renaissance movement. It also contains an important corpus of ninety five notated melodies given as an exemplification of the modes. This research suggests some musicological keys that are helpful for studying Maššāqa’s legacy. After a short biographical overview, a diachronic contextualization of the systemic synthesis proposed by Maššāqa is carried out. The historiography of the complex issue of structuring the typical and the general scale matrixes of this tradition is summarized; this leads to an analysis of the exemplary melodic corpus he left, and an attempt at establishing a musical transcription of this material.
9. BEYHOM, Amine, 2007, « Mesures d’intervalles, méthodologie et pratique », Revue des traditions musicales des mondes arabe et méditerranéen, n° 1 « Musicologie générale des traditions », Baabda (Liban), Éditions de l’Université Antonine, p. 183-238.
Résumé
Les mesures d’intervalles dans les musiques traditionnelles permettent de mieux appréhender la complexité de ces musiques ; ces analyses devenant de plus en plus nécessaires, le besoin s’est fait sentir de l’établissement d’une méthodologie permettant de limiter les erreurs de mesure et de cerner au mieux les particularités de chaque performance. Après une revue des méthodes de mesure utilisées couramment dans le domaine musicologique (première partie), l’auteur propose, sur des exemples concrets, une méthodologie simple devant permettre tant de vérifier la correspondance des résultats affichés avec la réalité de la performance analysée, en réduisant le taux d’erreur constaté assez couramment dans l’application actuelle de ces procédés, que d’effectuer de premières analyses d’échelles ou de structures intervalliques. De ces analyses ressort notamment une nécessité d’utiliser des descripteurs particuliers complétant les notations « traditionnelles », et de ré-analyser par exemple le répertoire enregistré ou vivant de musiques traditionnelles européennes, assimilées à tort, selon l’auteur, à un diatonisme quelque peu approximatif.
Abstract
As the study of Traditional Music becomes increasingly complex and detailed, interval measuring appears more and more to be a major component of musicological analysis and transcriptions. The author, through his teaching at the Antonine University in Lebanon, has perceived an urgent need among his students for an appropriate methodology that minimizes errors in pitch and interval measuring. After reviewing the main methods used today to determine pitches (and generally resulting in ethnomusicological transcriptions), the author proposes a methodology and unfolds a set of analyses underlining, following the example of music from Brittany, the need to revise the 19th and 20th Century transcriptions, particularly in the realm of European Traditional music.