L’UA ouvre la Neuvaine de Noël en présence du Président Joseph Aoun | Université Antonine | UA

  • L’UA ouvre la Neuvaine de Noël en présence du Président Joseph Aoun

    16 décembre 2025

    Fidèle à une tradition ancrée dans le tréfonds de son histoire, l’Université Antonine (UA) a célébré, le 15 décembre 2025, la première prière vespérale de la Neuvaine de Noël au Monastère Notre-Dame des Semences, sur le Campus de Hadat–Baabda. La célébration s’est tenue en l’auguste présence de Son Excellence le Président de la République libanaise, le Général Joseph Aoun, accompagné de la Première Dame, Mme Nehmat Aoun, et fut présidée par Sa Béatitude le Cardinal Mar Béchara Boutros Al-Raï, Patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient. Cette rencontre, devenue au fil des années un rendez-vous incontournable, a réuni les plus hautes autorités religieuses, politiques et civiles du pays à l’orée de la Nativité, dans un moment de prière où s’entrelacent foi, sens du bien commun et responsabilité collective envers la patrie.

     

    La célébration de cette année s’est déployée tel un itinéraire symbolique d’espérance et de renouveau, invitant les fidèles à franchir un seuil spirituel et à disposer leur cœur à une nouvelle naissance, en accord avec la signification théologique et existentielle de la Nativité.

     

    L’ouverture de cette Neuvaine s’inscrivait dans une conjonction exceptionnelle de trois jubilés d’une portée considérable : le Jubilé de l’Église universelle proclamé pour l'année 2025, placé sous le thème «Pèlerins de l’espérance »; le 325e anniversaire de l’Ordre Antonin Maronite (OAM), célébré sous la devise « Joyeux dans l’espérance »; et le 30e anniversaire de l’Université Antonine, qui poursuit sa mission d’éducation, de service désintéressé et de rayonnement intellectuel au Liban et au-delà de ses frontières.

     

    Le rite s’est déroulé en présence de l’Archevêque maronite de Beyrouth Paul Abdel Sater et des Archevêques Simon Atallah et Elias Nassar, aux côtés du R. Abbé Joseph Bou Raad, Supérieur général de l’OAM et Chancelier de l’UA, ainsi que du R. P. Michel Saghbiny, Recteur de l’UA, tous entourés d’éminents dignitaires ecclésiastiques et de représentants d’ordres religieux.

     

    À l’entrée du Monastère, le franchissement solennel de la porte principale en bois, spécialement conçue pour commémorer le 325 Jubilé de l’OAM, a marqué l’ouverture du cheminement spirituel. Ornée de branches de cèdre et d’un fil de lumière aux reflets discrets, cette porte symbolisait le passage de l’épreuve vers l’espérance et de l’attente vers le renouveau.

     

    La célébration fut sublimée par la Chorale de l’UA, placée sous la direction magistrale de Toufic Maatouk, OAM, dont les hymnes sacrés ont instauré un climat propice au recueillement et à la contemplation, guidant l’assemblée dans un esprit d’attente fervente à l’approche de la Fête de la Nativité.

     

    À l’autel, une scénographie symbolique a approfondi ce récit spirituel. Des épis de blé, disposés sur les marches, évoquaient la semence confiée à une terre fertile, rappelant le parcours de la communauté universitaire au fil de trois décennies de mission et de service. Ces épis renvoyaient à Notre-Dame des Semences, patronne sainte de l’Université Antonine, et à l’appel à porter du fruit par le don généreux de soi, la persévérance et la juste gestion des talents reçus.

     

    Derrière l’autel se dressaient trois portes en bois, signe du mystère trinitaire et du cheminement trentenaire de l’Université : depuis sa semence fondatrice jusqu’à sa croissance institutionnelle, en direction d’une mission toujours plus ouverte sur l’avenir. De ces portes jaillissaient lumière et branches de cèdre, symboles immémoriaux de vie, d’endurance et d’espérance enracinée.

     

    Au cœur même de l’autel, la scène de la Nativité apparaissait nichée entre des branches de cèdre et un ruissellement de lumière. La Sainte Famille, abritée sous un toit de cèdre, exprimait la chaleur ineffable de la grâce divine et la lumière salvatrice offerte au monde par la naissance du Christ.

     

    Dans cette atmosphère dense de symboles, l’ouverture de la Neuvaine de Noël s’est distinguée par la présence d’un éventail remarquable de dirigeants nationaux et de personnalités publiques. Parmi les présents figuraient le Vice-président du Parlement, M. Elias Bou Saab ; le ministre de la Défense, le Général de Brigade Michel Menassa, la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Dre Rima Karami, le ministre de l’Information, Dr Paul Morcos et la ministre de l’Environnement, Dre Tamara El-Zein; les députés Ibrahim Kanaan, Alain Aoun, Selim Aoun, Elias Estefan, Georges Okais et Michel Mouawad ; le Président du Conseil constitutionnel, le juge Tannous Mechleb ; l’Ambassadeur de France au Liban, M. Hervé Magro ; le Commandant en chef de l’Armée libanaise, le Général Rodolphe Haykal ; le Directeur général de la Présidence de la République, Dr Antoine Choucair et le Directeur régional de l’Agence Universitaire de la Francophonie au Moyen-Orient, Dr Jean-Noël Baléo, ainsi que de hauts responsables des forces de sécurité, de gouverneurs, de maires, de présidents de syndicats, de représentants du pouvoir judiciaire, du corps diplomatique, des médias et de la presse, de figures religieuses, ainsi qu’un large rassemblement de fidèles.

     

    Dans son allocution, le R. P. Michel Saghbiny, Recteur de l’Université Antonine, a médité sur le sens profond de Noël au cœur des défis auxquels le Liban continue de faire face. Il a décrit la Nativité comme « une histoire d’espérance née dans les ténèbres », établissant un parallèle entre l’humilité de la naissance du Christ en un monde troublé et le moment difficile et décisif que vit le Liban aujourd’hui en ces heures critiques de son histoire. Il a toutefois souligné que « la lumière la plus éclatante jaillit de l’obscurité la plus profonde », exhortant l’assemblée à résister fermement au désespoir, à la peur paralysante et au repli sur soi.

     

    S’appuyant sur les messages du Saint-Siège adressés au Liban, le Recteur a mis en relief que l’espérance ne relève nullement d’une attente passive, mais bien d’un engagement quotidien. « L’espérance est un acte de Noël que nous sommes appelés à pratiquer chaque jour », a-t-il affirmé, appelant les familles, les institutions éducatives et la société tout entière à transmettre l’amour de la patrie, à préparer les générations futures à leurs responsabilités et à diffuser « le parfum de la réconciliation, non l’odeur de la division ». Il a souligné que la peur demeure l’adversaire principal, le plus insidieux, de la paix et de l’espérance, et que Noël vient précisément la dissiper pour renouveler la confiance en la capacité intrinsèque du Liban à renaître de ses cendres.

     

    S’adressant au Président de la République, le R. P. Saghbiny a réaffirmé la disponibilité totale et inconditionnelle de l’Université Antonine à mettre ses compétences, son expertise et son engagement au service de la nation. Il a mis en lumière le rôle central de l’éducation et de l’enseignement supérieur dans la reconstruction du pays et dans la restauration de la confiance dans la vie publique, soulignant que les universités ont pour vocation de former des générations capables de transformer la douleur en espérance et la destruction en renouveau.

     

    Son discours s’est conclu par un appel à la paix, à l’unité et à la responsabilité partagée, affirmant que la diversité constitue non point un obstacle à la guérison et au renouveau national, mais bien plutôt une source inépuisable de richesse et de force pour l’identité et l’avenir du Liban. Le Recteur a invité tous les participants à devenir « gardiens de l’espérance », convaincu que le Liban demeure, par son message, une lumière pour l’Orient et un ferment pour le monde contemporain.

     

    À l’issue de la célébration, deux gestes symboliques ont reflété la dimension à la fois spirituelle et nationale de l’événement. L’Université Antonine a annoncé le lancement du Prix du Patriarcat Maronite, nouvelle initiative établie dans la continuité de sa mission, en hommage respectueux au rôle et aux contributions durables et inestimables du Patriarcat maronite à l’éducation et à l’enseignement supérieur, et à l’occasion de la présidence par S.B. le Patriarche Al-Raï de cette prière d’ouverture de la Neuvaine de Noël 2025. Ce prix consiste en une bourse intégrale d’études de niveau master, qui sera décernée chaque année lors de la Cérémonie de remise des diplômes à l’étudiant incarnant les valeurs fondamentales de l’Université tout au long de son parcours académique, témoignant ainsi d’un engagement à cultiver et à renforcer ces valeurs parmi les générations montantes.

     

    En témoignage de respect et de gratitude, S.E. le Président Aoun et la Première Dame ont reçu une icône sacrée de la Sainte Famille, écrite par le R. P. Charbel Bou Abboud, OAM. Conservée dans un écrin façonné en bois de cèdre du Liban, l’Enfant Divin y apparaît au centre, entouré de la Vierge Marie et de Saint Joseph. Porteuse d’un symbolisme à la fois spirituel et national, cette icône vénérable a été offerte comme une prière de protection sur la Première Famille du Liban et comme une bénédiction pour la famille libanaise dans toute sa diversité, invoquant une foi inébranlable, un amour enraciné et la grâce de la Sainte Famille.

     

    Un dîner privé a ensuite été servi dans l’enceinte du Monastère, réunissant le Président de la République, le Patriarche maronite, des ministres et des invités de marque, prolongeant l’esprit de communion et de dialogue au-delà de la célébration liturgique proprement dite.

     

    Par cette célébration traditionnelle, l’Université Antonine a réaffirmé sa vocation immuable d’espace où convergent foi, éducation et engagement national, offrant un message puissant d’espérance, de paix et de constance, en un temps où le Liban continue d’aspirer ardemment au renouveau et à la stabilité.