Le 27 janvier 2026, l’Université Antonine (UA) a inauguré la VIIIe Saison de musique de chambre par un récital de piano interprété par le pianiste italien lauréat Elia Cecino, consacrant ainsi une ouverture éclatante pour une série de concerts devenue l’un des joyaux de la vie culturelle de l’Université.
Tenu en la Chapelle Notre-Dame des Semences sur le Campus de Hadat–Baabda, ce concert inaugural a instauré un climat artistique d’une rare finesse pour la saison à venir, réitérant l’attachement de l’UA à l’excellence musicale, à l’écoute attentive et au dialogue artistique porteur de sens au sein d’un cadre académique.
Le programme a rassemblé quatre piliers majeurs du répertoire pianistique — Johann Sebastian Bach, Johannes Brahms, Ludwig van Beethoven, et Frédéric Chopin — proposant au public un parcours musical stylistiquement cohérent et soigneusement ciselé. Dès les premières mesures, Cecino a fait montre d’une maîtrise raffinée de la structure et du son, plaçant au cœur de son interprétation la clarté, l’équilibre et la vision architecturale tout au long du récital.
La « Toccata en sol mineur, BWV 915 » de Bach a établi le ton par ses gestes audacieux et son caractère improvisé, rendus avec précision et vitalité rythmique. La « Sonate n°3 en fa mineur, op. 5 » de Brahms,œuvre aux vastes proportions et aux contrastes émotionnels saisissants, s’est déployée avec un sens affirmé de la direction, mettant en lumière tant son ampleur symphonique que ses moments d’introspection.
Dans la « Sonate en la bémol majeur, op. 26 » de Beethoven, Cecino a magnifié l’ordonnancement peu orthodoxe de l’œuvre, modelant les variations avec une élégance souveraine et conférant un poids particulier à la Marche funèbre, dont la gravité contenue et la sobriété expressive se sont imposées par leur intensité poignante.
Le récital a atteint son apogée avec la « Sonate n°2 en si bémol mineur, op. 35 » de Chopin, interprétation empreinte de clarté structurelle, de sonorité maîtrisée et de tension dramatique soutenue. Loin de céder aux séductions d’une virtuosité démonstrative, Cecino a mis l’accent sur la gravité intérieure de l’œuvre et son envergure tragique, laissant sa cohésion architecturale se révéler avec une puissance bouleversante.
Le concert a été exécuté sur un piano Fazioli, dont l’opulente palette timbrale et la transparence sonore ont complété l’éventail expressif du récital et soutenu les subtilités exigeantes du programme.
Ce concert inaugural a réaffirmé l’engagement de l’UA à nourrir une vie musicale florissante sur le campus sous la houlette artistique du Maestro Toufic Maatouk, OAM. Par l’entremise de sa Saison de musique de chambre, l’Université Antonine persévère dans l’accueil d’artistes de stature internationale, cultive l’écoute attentive et affermit son rôle de référence culturelle où éducation, créativité et dialogue artistique confluent au service de la communauté élargie.